Le Défibrilateur du club

A l'entrée du club à côté de la réception se trouve un défibrillateur. Bien utilisé, cet appareil peut sauver la victime d'une mort certaine

MORT SUBITE DU SPORTIF

Tous les ans 400 à 500 sportifs sont victimes d'une mort subite. Le tennis est un sérieux pourvoyeur d'un tel drame.45 % de ces victimes peuvent être sauvées; ce sont les statistiques aux Etats Unis. 5 à 6% seulement le sont en France. 

Nous pouvons tous être victimes ou témoins d'une mort subite. Aurons nous alors 1 chance sur 2 de réanimer la victime ou serons nous des témoins inefficaces?

Au TCPO le professeur du club David Michel avec d'autres ont réussi à réanimer un joueur de tennis victime d'une mort  subite en appliquant les consignes apprises peu de jours avant l'accident. Aux dernières nouvelles le miraculé va bien!

Quelques instants de votre attention peuvent un jour vous transformer en réanimateur efficace. 

On qualifie de mort subite du sportif un décès naturel ce qui veut dire non accidentel et survenant chez un sujet en pleine santé apparente, au cour d'une activité sportive ou pendant les  2 heures qui suivent l'arrêt de l'effort.

Elle survient à tout âge, mais essentiellement après 35 ans. La cause essentielle est cardiaque à 90 %.

  • Avant 35 ans c'est presque toujours une anomalie de naissance qui en est la cause. Un bilan cardiologique systématique peut éventuellement détecter cette anomalie et en prévenir les conséquences.
  • Après 35 ans l'accident survient dans 90% des cas chez l'homme. La cause en est presque toujours une insuffisance coronarienne méconnue.

Les circonstances de la mort sont

  • soit un arrêt cardiaque par coupure du courant; le cœur s'arrête immobile et plus aucune activité ni électrique ni mécanique n'est décelable
  • soit l'activité électrique du cœur existe mais devient totalement anarchique entraînant une trémulation du muscle cardiaque d'une fréquence de 400 à 500 par minute: c'est la fibrillation ventriculaire synonyme d'arrêt cardiaque mécanique et donc de mort. C'est de loin le cas le plus fréquent. Cet état de fibrillation dure quelques minutes avant que l'arrêt électrique ne soit total et alors définitif.

Nous sommes équipés au club d'un défibrillateur. Pour sauver une victime de fibrillation ventriculaire c'est évidemment essentiel mais de loin pas suffisant.

 

Un sportif en pleine activité s'effondre subitement.

Comment les évènements doivent-ils se dérouler idéalement?

  • Rapidement on accourt :Pour faire le diagnostic de mort, on approche  notre joue de la bouche de la victime, il ne respire plus. Inutile de chercher un pouls. c'est une perte de temps.
    Le temps presse car 1' de perdue égal 10% de chance de survie envolés.

  • Immédiatement appeler le SAMU au 15 en précisant l'extrême urgence et l'adresse précise. On aura vite besoin d'aide.

  • Faire chercher ou chercher le défibrillateur.

  • Entamer les manœuvres de réanimation cardiaque
    On peut commencer la réanimation en assénant un coup de poing violent sur le sternum. Au cas rarissime où le cœur s'est arrêté par coupure de courant, les vibrations produites par le coup peuvent faire repartir le cœur.
    Dans la grande majorité des cas il s'agit d'une fibrillation ventriculaire .
    Dans tous les cas la manœuvre essentielle est le massage cardiaque. Il faut faire circuler le sang.
    Comment faire.
    D'abord pas de panique et pas de précipitation.
    Le massage cardiaque consiste à comprimer la partie basse du sternum d'une manière rythmée et non précipitée. Le mieux est de compter à haute voix  les compressions;  le fait de compter donne habituellement un bon rythme et empêche d'aller trop vite, ce qui rendrait le massage inefficace. Pour avoir un bon massage, le patient doit être couché sur un plan dur, sec et non métallique, les bras le long du corps; vous êtes à genou à ses côtés, vos deux bras sont tendus et restent tendus, le talon de la main prend place au bas du sternum, l'autre main s'appuie dessus. On comprime environ 100 fois par minute. La compression doit déprimer le sternum de 3 à 4 cm. La compression se fait les bras tendus en  utilisant le poids de son corps sinon la fatigue s'installe très vite.
    Le massage cardiaque est l'étape la plus importante. Certains pensent même que l'insufflation d'air est inutile voir dangereuse si on insuffle dans les poumons de la victime les sucs gastriques qu'il aura régurgité; Donc pas de bouche à bouche, les réserves d'oxygène du corps sont grandes. 

  • Rapidement on mettra en œuvre le défibrillateur
    Dans la boîte de l'appareil on trouvera des ciseaux pour couper les habits et libérer la poitrine, un rasoir pour raser les poils et permettre un meilleur contact des électrodes avec la peau, deux électrodes autocollantes qui doivent être collées de manière à ce que le courant traverse le cœur càd une électrode sous la clavicule droite et l'autre sous le sein gauche un peu vers l'extérieur.
    Pendant tout ce temps le massage doit être poursuivi.
    Maintenant on allume le défibrillateur; on arrête de masser pour que l'appareil puisse enregistrer un ECG et faire le diagnostic. S'i y a fibrillation, ceci est le cas le plus fréquent, il le dit et vous prévient qu'il va choquer et que vous ne devez plus toucher le patient, au contraire vous en éloigner un peu.
    Dès que le choc est délivré vous reprenez la réanimation pendant une minute. Vous arrêtez à nouveau pour permettre à l'appareil de refaire une analyse de l'ECG. Si le choc a réussi, la survie du patient est encore conditionnée par une prise en charge médicale rapide, d'où l'importance d'un appel immédiat à l'aide en faisant le 15 .

  • la ventilation devient nécessaire si la réanimation se prolonge au delà de 10min .
    La pratique du bouche à bouche se fait en pinçant le nez et en mettant la tête en hyperextension en poussant le front en arrière. Les voies aériennes sont ainsi libérées. On fait 2 insufflations toutes les 30 compressions.

 

PREVENTION

La mort subite reste évidemment une complication catastrophique de l'activité sportive. En faire la prévention est essentielle.

Dans ce but le club des cardiologues du sport  a édicté 10 conseils:

  • 1- Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l’effort. Et cela quels que soient mon âge, mes niveaux d’entraînement et de performance, ou les résultats d’un précédent bilan cardiologique.

  • 2- Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l’effort ou juste après.

  • 3- Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l’effort ou juste après.

  • 4- Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 minutes lors de mes activités sportives.

  • 5- Je bois 3 à 4 gorgées d'eau toutes les 30 minutes d’exercice, à l’entraînement comme en compétition.

  • 6- J’évite les activités intenses par des températures extérieures inférieures -5°C ou supérieures à 30°C, ainsi que durant des pics de pollution.

  • 7- Je ne fume jamais pendant l’heure qui précède ni les deux heures qui suivent une pratique sportive.

  • 8- Je ne consomme jamais de substance dopante et j’évite l’automédication en général.

  • 9- Je ne fais pas de sport intense en cas de fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre et courbatures).

  • 10- Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense. Surtout si j’ai plus de 35 ans pour les hommes, et 45 ans pour les femmes.

  • J'ajouterais que l'entrainement régulier de trois marches ou footing d' 1 heure par semaine pour les compétiteurs sont recommandés. En l'occurrence on pousse l'activité cardiaque jusqu'à 75% de son activité maximale en sachant que cette activité maximale correspond à un rythme cardiaque de 220 - l'âge.

     

     

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